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Lot 61 - Vente aux enchères 8

SATRAPIE DEGYPTE - Ptolémée I ...
SATRAPIE DEGYPTE - Ptolémée I ...
Starting price:
200.000,00 CHF


SATRAPIE D'EGYPTE - Ptolémée I satrape 323-305 av. J.-C. Statère d'or 312 - 311 av. J.-C., Alexandrie. Tête d'Alexandre le Grand portant une coiffe formée d'une tête d'éléphant et l'égide nouée autour du cou / Athéna Promachos avançant à droite, brandissant une lance et tenant un bouclier; dans le champ droit, un aigle. 8,53g. Svoronos -, cf. 33 (tétradrachme), 34 (drachme) et 35 (hémidrachme).
D'une importance exceptionnelle. Superbe.
Notes
Ce statère est l’un des grands chaînons manquants du monnayage dit à l’« Athéna Promachos » de Ptolémée I Satrape. Si le monnayage d’argent fut conséquent, ce statère, apparemment unique, démontre l’extrême rareté du monnayage d’or. Le buste d’Alexandre le Grand à l’avers reflète la volonté de Ptolémée de se placer en tant que légitime héritier du défunt souverain. C’est d’ailleurs Ptolémée qui, en 322-21, intercepta en Syrie le corps embaumé d’Alexandre pendant son transfert de Babylone en Macédoine. Ptolémée emmena d’abord le corps à Memphis avant de le déplacer dans une tombe grandiose, construite spécialement pour l’occasion, à Alexandrie. Le culte que Ptolémée voua au corps d’Alexandre contribua à accroitre sa légitimité et à placer la dynastie ptolémaïque en digne successeur du conquérant. L’intérêt qui fut porté au corps continua jusqu’aux Romains, dont plusieurs empereurs visitèrent la légendaire tombe. Suétone (Augustus 18) nous raconte que lorsque Auguste vint à Alexandrie après sa victoire à la bataille d’Actium, il se recueillit sur le corps du défunt conquérant, lui plaça un diadème d’or sur la tête et répandit des fleurs tout autour. Mais quand on lui proposa de visiter le mausolée des Ptolémées, il répondit : « je suis venu voir un roi et non des rangées de corps ». La composition de l’avers de cette extraordinaire monnaie est empreinte d’un symbolisme fort. La peau d’éléphant fait référence à l’expédition en Inde. Les cornes de bélier sont un rappel du séjour mystérieux d’Alexandre à l’oracle d’Amon à la suite de la conquête de l’Egypte. Le buste porte autour du cou l’égide, protection divine accordée par Zeus. Au revers, la figure d’Athéna Promachos (« qui se bat de front ») et qui remplace celle de Zeus assis, est communément admise comme la copie d’une statue classique. En effet, entre 465 et 450, l’artiste Phidias créa une statue renommée d’Athéna Promachos qui fut installée en face de l’entrée de l’Acropole. Elle pouvait alors être vue à grande distance par les navires qui entraient au port du Pirée. Alexandre, puis ses successeurs macédoniens, avaient fait d'une autre Athéna, l’Athéna Alkidémos, leur divinité tutélaire. L’Athéna Alkidémos, littéralement celle qui protège le peuple, était adorée à Pella, capitale du royaume macédonien (Tite-Live, XLII, 51). Sa seule différence avec l’Athéna Promachos d’Athènes était de brandir un foudre en lieu et place de la lance. A la mort d’Alexandre, l’Athéna Alkidémos, alors divinité locale confinée à la Macédoine, était pratiquement inconnue alors que l’Athéna Promachos était une des statues les plus célèbres de Grèce. Il n’est donc pas étonnant que Ptolémée, qui voulait représenter une Athéna combattante, ait pris comme modèle la statue la plus connue de l’époque. Ptolémée I frappa aussi vers 311-312 un autre statère, qui bien que d’avers identique à l’exemplaire ci-dessus, montre à la place d’Athéna une proue de navire (3 exemplaires connus, Svoronos 25). Il est aussi intéressant de noter qu’aux environs de 305, Agathocle frappa à Syracuse un rarissime statère (Seltman, pl. 11, 12) de composition identique à celui-ci, dans une tentative non dissimulée de flatter Ptolémée dont il épousa la fille, Theoxena, en 304.


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